L’adoption de A à Z


Il nous semblait nécessaire de réaliser un dossier pédagogique au sujet de l’adoption par les couples gays et lesbiens afin d’accompagner au mieux les candidats adoptants car leur parcours sera long, complexe et fastidieux. Cela nécessitait de rassembler au sein d’un dossier clair et concis toutes les informations utiles aux démarches à suivre par ces futurs parents. Cette parution a pour objectif de les préparer au mieux et d’insister sur les points essentiels de la procédure pour qu’ils puissent la suivre le mieux possible. Notre initiative est un acte de soutien. Ce dossier est aussi militant, il rappelle que les barrières dressées pendant de nombreuses années entre les homosexuels et leurs projets de parentalité étaient de la discrimination pure et simple. Ces barrières sont toujours d’actualité dans de nombreux pays, la Belgique, sur ce point, étant un pays précurseur. Pourtant le désir d’enfant est profondément humain, il est illégitime de l’interdire sous prétexte d’homosexualité, cet élément n’interférant pas dans l’éducation des enfants.

Nous reviendrons sur la loi régissant l’adoption en Belgique et sur ce qu’elle signifie concrètement, c’est-à-dire d’abord une protection des familles homoparentales, une reconnaissance des liens créés entre parents et enfants.

En effet, pour les pères gays et les mères lesbiennes de la première heure, qui avaient des enfants dans le cadre d’une relation hétérosexuelle, la justice fut souvent défavorable lors de leur divorce et perturba alors, voire brisa, la relation de ces parents avec leurs enfants ; parents et enfants n’étaient pas protégés par la loi dans ce contexte car on croyait que ces parents n’étaient pas aptes, du fait de leur homosexualité, à élever des enfants. La loi belge ouvrant l’adoption aux couples de même sexe légitime l’aptitude des parents gays et lesbiens à élever et à aimer des enfants, cette faculté n’étant en rien liée à leur orientation sexuelle. D’ailleurs, de nombreux couples gays ou lesbiens élevaient déjà des enfants avant l’entrée en vigueur de la loi. Le vide juridique qui entourait cette réalité, privait ces familles de protection et de reconnaissance. Il s’agissait donc bien d’une discrimination.

Un enfant élevé pendant des années par ses parents qu’ils soient biologiques ou sociaux, va tisser des liens importants -pour lui- avec ces adultes ; il est donc crucial de protéger ces liens qui nous construisent et nous aident à grandir. Et on ne contribue jamais trop à l’éducation d’un enfant, pour l’aider à devenir un adulte responsable et épanoui, chaque membre de la famille, de l’entourage, apporte sa pierre à l’édifice. Cette loi s’adapte à une réalité sociale : la présence de familles homoparentales dans la société et la nécessité de leur accorder une place à part entière. Pourtant, une discrimination persiste à l’encontre des couples de même sexe parce que la procédure d’adoption intrafamiliale est discriminante, longue, fastidieuse et onéreuse. Une proposition de loi modifiant le Code civil a récemment été déposée à la Chambre (mars 2013) pour proposer une filiation automatique s’il existe un lien biologique entre l’enfant et l’un des deux membres du couple.

Ce carnet va également insister sur l’importance de bien élaborer son projet d’adoption. Ce projet peut être un projet de couple ou d’une seule personne au sein du couple, mais toujours un projet individualisé qu’il faut construire avec précision. Si ce projet est le projet d’un seul individu au sein du couple, il ne faudra pas négliger la place du parent social qui aura, malgré tout, un rôle d’importance dans l’éducation de l’enfant.

Ce dossier a aussi pour objectif de sensibiliser les professionnels de l’adoption, de la fertilité et de l’enfance. En effet, en tant qu’intervenants, ils se doivent d’être objectifs, de s’extraire des jugements moraux entourant encore l’homoparentalité. Ceci dans le but d’assurer à tous les couples désirant fonder une famille, le meilleur accueil et le meilleur encadrement.

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