Résolut-Queer pour 2026


Analyse 2026 – Amand·e Weykamp

Une nouvelle année du calendrier géorgien commence et avec celle-ci les incessantes résolutions que l’on se fixe (et que la société adore nous coller pour mieux nous culpabiliser). Mais n’aie crainte car cette année Tels Quels s’en charge pour toi. Fini les résolutions qui s’effondrent avant le 31 janvier : nous, on vise des résolutions à vie. Oui, carrément, parce qu’en 2026, on voit les choses en grand queer !


En l’an 2026, on ne veut plus entendre “Je ne connais pas mon Ascendant” ou encore “C’est quoi un signe lunaire ?” ou pire “ Je ne crois pas en l’astrologie”. En effet, cette “science obscure” que représente encore l’astrologie est une des seules croyances que les hétéros/cis n’ont pas encore essayé de s’approprier et revêt du véritable trésor communautaire. 

Alors, en tant que personne queer, il est un droit, que dis-je un devoir d’apprendre ton thème astral (et celui de ton crush par la même occasion, afin de savoir si vous êtes compatibles grâce aux 5 vodkas soda bues lors du réveillon de la Saint-Sylvestre ou si tu as bien fait d’appeler ton propriétaire pour remettre le renom de ton appartement). 


Cette année, fini les films rom-com hétéros (sauf en cas de rupture, là c’est thérapeutique de voir que c’est pire ailleurs). En 2026, nous prescrivons à chacun·e d’entre vous: 

  • au moins 3 films avec Kristen Stewart,  
  • un album de Kim Petras par mois, 
  • 5 shows drag kings  (parce qu’ils sont criminally underrated) et queers par semestre.

Et si tu es plutôt une personne tisane-plaid-livre, rejoins-nous une fois par mois au club de lecture de Tels Quels. Autour d’une table, nous discutons des livres queer/lgtbqi+ qui nous ont marqués, révoltés ou même qui nous ont fait fantasmer. La bibliothèque regorge de romans, de biographies ou encore d’essais pour te plonger dans les profondeurs queers. 


Comme dit le dicton “on n’a que les compliments que l’on se fait” alors lance-toi dans une compétition de regards dramatiques dans ton miroir chaque matin avec compliments obligatoires. Transforme ton miroir en scène, ta salle de bain en théâtre queer et ta tête du matin en performance artistique subversive. 

En 2026, tu ne te contenteras plus d’un « ouf, j’ai une de ces têtes » au réveil. Non. À partir de cette année, je veux t’entendre dire chaque matin : “Je suis mon propre soleil” ou “Mon aura est si lumineuse que même les esprits me demandent des tips skincare” ou encore“Je suis trop iconique pour être réel·le. On devrait me subventionner”. De quoi bien commencer la journée. 


Cette année, on en finit avec la binarité poussiéreuse cis-normative. Tu apprendras à respecter les pronoms de chacun·e (basique), et tu ne supposeras plus de l’identité de genre de la personne en face de toi (qui sinon te vaudront directement -50 points queer).

Et puis en 2026, on arrête la hiérarchisation LGBT/queer et tu feras ta révolution intérieure : car toutes les identités comptent. Y compris ta pote bie qui sort avec un homme, y compris taon pote non-binaire qui ne s’habille pas de manière androgyne, y compris cette personne pas out pour toutes les raisons qui LA concerne. Point.


Parce que le capitalisme n’est pas notre ami mais nos créateur·ices queer, oui. Alors en 2026, quand tu voudras faire un cadeau, regarde ce que nos artistes LGBTQIA+ ont à (faire) offrir. Et quelle meilleure occasion que le festival Tels Quels ! Le festival qui a lieu à l’automne de chaque année où tu pourras échanger avec la communauté, discuter de problématiques de société -queer- danser sur les meilleurs sons, découvrir des artistes queers et même peut-être ton crush hebdomadaire. On s’y voit ?


En 2026, on veut du sexe oui mais du safer sex, du self-care et du consentement éclairé et libre (au cas où c’état pas encore clair). Alors on communique -sobre-, on se fait dépister régulièrement et on s’informe : sur la PrEP, le carré de latex et on hésite pas à prendre rendez-vous à la MACS.

Se protéger et prendre soin de soi, ça passe aussi par la santé mentale. On veut de la thérapie sans honte. Alors on se renseigne, on déconstruit ses préjugés sur la folie (même si ça serait bien d’arrêter de stalker son ex sur Insta) et on prend ce rendez-vous qu’on s’était promis de prendre après le confinement (ça fait 6 ans maintenant, il est temps). On apprend à dire « Je suis fatigué·e » sans s’excuser 12 fois, c’est du self-care, pas un crime contre l’humanité promis ; on apprend à dire aussi (et à accepter !) un « non » sans avoir besoin d’une excuse longue comme un roman queer de 800 pages.

Bref, prends soin de toi comme tu aimerais que tes parents l’aient fait (quoi t’as une famille saine toi ?)


En 2026, on arrête les « Bonjour Madame, Bonjour Monsieur » binaires et qui sentent la poussière administrative. Cette année, on ose une salutation professionnellement queer dans tous nos emails et on s’engage fièrement à ouvrir chacun de ceux-ci par un : « Coucou les créatures lumineuses ». Oui, même à ton/ta directeur·rice. Oui, même pour une demande de facture impayée. 

Il est temps d’apporter un peu de flamboyance queer au monde de l’Excel. Au pire, ton mail finit dans les spams, au mieux, ton audace fait tellement rayonner le bureau que tu te retrouves propulsé·e responsable de la communication interne ou mieux, chef·fe en titre de la vibe. Et si un·e collègue te répond par un insipide « Bonjour », n’hésite pas à le recadrer avec un « Merci, mais je refuse le ton hétéro-normatif de cette salutation. » Puis quoi encore…


Tu te réveilles avec une dysphorie de ouf ce matin ? Envie de rester au lit mais tu as des obligations à tenir ? C’est là qu’entre en jeu ton “safe outfit” ! Ton safe outfit c’est ce hoodie vieux de 10 ans délavé mais qui permet de te sentir comme sur un nuage, ce pantalon qui te fait un boule d’enfer ou ce t-shirt qui cache et montre à la fois tout ce dont tu as besoin. Cette tenue à utiliser “en cas d’urgence uniquement” te permettra d’affronter avec plus de force (et de style) une journée difficile. Et en attendant on t’envoie des bisous si consentis. 


Un fléau dévastateur touche de plus en plus notre communauté : les marathons, courses à pied et autres tortures physiques prétentieuses. Parce que oui David, poster 53 photos des 20 km Bruxelles, c’est de la frime. 

Et puis, de toute façon, tu essaies de fuir quoi ? Ta santé mentale en chute libre ? La montée du fascisme en Belgique ? Ton homosexualité ?! Non, embrace it ! Ne fuis pas qui tu es, marche lentement et fièrement. Ça ne te rappelle rien ? Exact : la Pride ! C’est l’événement parfait pour booster ta santé mentale, lutter contre l’autoritarisme et te pavaner en une seule journée.

Alors range ces baskets multicolores qui piquent les yeux, prépare tes paillettes les plus brillantes et tes slogans les plus cinglants : la Pride nationale aura lieu cette année le 16 mai. Be there, queer.


Tes ami·es queer sont ta famille. Celle que tu construis, celle qui te comprend, celle qui t’offre un câlin quand ça va mal et un matcha quand ça va bien (ou pas). Alors en 2026, n’hésite plus et envoie un message pour demander comment ça va, proposer un brunch -queer- ou covoiturage pour le déménagement de ta meilleure amie lesbienne (oui même si c’est le 5ème en 3 ans et que cette fois c’est VRAIMENT l’amour de sa vie). Prendre soin de soi c’est aussi prendre soin des autres et parce qu’au final, c’est ça la vraie résolution queer : être ensemble, se célébrer, survivre — mais avec beaucoup plus de classe et de style que les cis/hétéros. 


Et voilà, cher·e lecteur·rice, tu es maintenant officiellement armé·e de 10 résolut-queer pour 2026, ton kit complet pour naviguer dans cette année avec style. Nous espérons que ces résolutions t’inspirent et que tu feras de 2026 ton terrain de jeu : fais des high-fives à ton reflet dans le miroir et rappelle-toi : tu peux échouer. Tu peux pleurer devant un album de Pedro Pascal. Tu peux oublier de te protéger ou de faire ton self-care. Et c’est parfaitement OK. Car être queer est déjà une forme de résistance, d’amour et de fête. Alors en 2026, on continue, ensemble. Bonne année créature lumineuse ! 

NB : l’auteurice et l’association Tels Quels déclinent toute responsabilité pour toute conséquence découlant de la mise en pratique des conseils ou suggestions présentés dans le présent article.