Elisaveta Abazova – Analyse 2026
Elisaveta Abazova est psychologue sociale et interculturelle et psychologue clinicienne. Ayant grandie dans un pays où les personnes LGBTQIA+ ne sont généralement pas acceptées, le sujet lui tient particulièrement à cœur. Aujourd'hui, elle dédie son travail à combattre pour les droits des minorités sexuelles et de genre.
Les jeunes, de plus en plus tolérant·es ?
Pendant un moment les droits des personnes LGBTQIA+ en Europe occidentale et en Amérique du Nord ont semblé suivre une trajectoire claire : celle d’un élargissement progressif des libertés et d’une acceptation sociale croissante. Depuis les années 1970 et surtout à partir des années 1990, les avancées se sont enchaînées. La dépénalisation de l’homosexualité, l’introduction des partenariats civils, puis l’ouverture du mariage aux couples de même sexe ont marqué des tournants juridiques majeurs. Comme nous le savons, la Belgique a été l’un des premiers pays au monde à légaliser le mariage pour tous en 2003.
Parallèlement à ces évolutions légales, les représentations culturelles ont changé. Les personnes LGBTQIA+ sont devenues plus visibles dans les médias, les séries, la musique, les espaces éducatifs. Les discours sur l’inclusion et la diversité se sont institutionnalisés. Pendant des années, les enquêtes d’opinion ont montré que les jeunes générations se déclaraient globalement plus ouvertes que leurs aîné·es sur les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre. En s’appuyant sur les données de l’European Social Survey, des chercheurs ont mis en évidence une tendance générationnelle marquée : à travers l’Europe, chaque cohorte plus jeune se montre globalement plus tolérante envers l’homosexualité que la précédente. Cette évolution persiste même lorsque l’on tient compte de facteurs susceptibles d’influencer les attitudes individuelles, tels que le niveau d’éducation, la religiosité ou encore le contexte politique national. Autrement dit, l’augmentation de l’acceptation ne s’explique pas uniquement par des différences individuelles ou structurelles, mais reflète bien un changement générationnel plus large. Les résultats suggèrent ainsi une progression continue et positive des attitudes sociales envers l’homosexualité au fil des générations1. Des enquêtes mondiales du Pew Research Center ont aussi mis en évidence que les jeunes adultes dans de nombreux pays occidentaux expriment des attitudes nettement plus favorable envers l’homosexualité que les générations plus âgées. Dans plusieurs pays européens et en Amérique du Nord, par exemple, les jeunes étaient significativement plus enclins à affirmer que “l’homosexualité devrait être acceptée par la société”, une attitude générale qui augmente au fil des générations depuis le début des années 20002 3.
Il est également pertinent de noter que la recherche sur les migrations et les attitudes sociales confirme ce schéma générationnel. Une étude récente comparant attitudes de première et de deuxième génération de migrants a montré que la génération la plus jeune affiche des attitudes beaucoup plus positives envers les droits des personnes homosexuelles que la génération précédente, même en tenant compte des valeurs culturelles du pays d’origine. Ce type de résultat suggère que les jeunes, même issus de milieux culturellement conservateurs, tendent à s’aligner davantage sur les normes sociales inclusives de leurs sociétés d’accueil4.
Dans ce contexte, plusieurs travaux de grande ampleur – qu’il s’agisse d’analyses transnationales comme l’European Social Survey ou d’enquêtes mondiales – convergent vers l’idée d’une progression générationnelle historique de l’acceptation sociale des personnes homosexuelles : les jeunes générations semblaient, jusqu’à récemment, toujours plus favorables que leurs aîné·es à l’égalité des droits et à la reconnaissance sociale des minorités sexuelles et de genre. Cela peut d’ailleurs sembler logique. Grandir dans une société où l’homosexualité est représentée de manière positive dans les médias, où les droits sont reconnus et où des figures publiques assument ouvertement leur orientation, ne produit pas les mêmes effets que de se construire dans un environnement où le coming out expose presque certainement au rejet familial, à la stigmatisation sociale ou à la marginalisation. Le contexte culturel et social dans lequel un individu se développe façonne profondément ses représentations, ses normes et son rapport à la différence.
Une dégradation progressive
Cependant, au cours des dernières années, la dynamique autour des questions LGBTQIA+ semble avoir changé de ton, et ce, de manière notable. Là où l’acceptation sociale progressait d’une génération à l’autre, certaines tendances récentes montrent une polarisation croissante des opinions, qui se manifeste particulièrement chez les jeunes. Cette polarisation ne se limite pas à des débats théoriques : elle traverse les espaces publics, les réseaux sociaux, les discours politiques et même les interactions quotidiennes des adolescent·es.
Cette évolution est en partie alimentée par les réseaux sociaux et leurs algorithmes, qui, loin de servir uniquement de plateformes d’expression ou d’espaces de lien social, agissent comme des moteurs de contenus extrêmes. Des recherches récentes montrent que les systèmes de recommandation – ces technologies qui “apprennent” ce que l’utilisateur veut voir – tendent à privilégier des contenus forts, choquants ou polarisants, même lorsqu’ils véhiculent des idéologies toxiques ou haineuses. Dans certaines expérimentations, après seulement quelques jours de navigation sur des plateformes comme TikTok, les algorithmes ont recommandé quatre fois plus de contenus misogyne ou agressifs qu’au départ ; ce processus d’exposition répétée peut progressivement normaliser des discours haineux ou discriminatoires chez les utilisateurs – notamment chez les adolescent·es qui consomment intensivement ces contenus comme divertissement ou routine digitale5.
Cette dynamique algorithmique, en “poussant” davantage de contenus polarisants dans les fils d’actualité, contribue à gonfler la visibilité et l’impact de positions extrêmes – parfois présentées comme humoristiques, “provocatrices” ou simplement “anti-système”. Ce phénomène n’est pas circonscrit à une seule plateforme ni à un type de contenu : il touche la misogynie, la radicalisation politique, mais aussi l’hostilité envers les minorités sexuelles et de genre. L’essor de discours homophobes ou transphobes en ligne semble de plus en plus corréler avec une normalisation de l’intolérance dans les interactions sociales quotidiennes, y compris dans les cours d’école et sur les lieux de socialisation hors ligne6.
La politisation des questions LGBTQIA+ joue un rôle central dans ce durcissement du climat social. Dans plusieurs pays d’Europe et aux États-Unis, des gouvernements et mouvements politiques conservateurs ont délibérément utilisé les thématiques liées au genre et à la sexualité comme outils de mobilisation électorale. En présentant les droits des personnes LGBTQIA+ comme une menace pour les “valeurs traditionnelles” ou pour l’enfance, ces discours ne se contentent pas de participer au débat démocratique : ils alimentent activement la méfiance et la stigmatisation. Même si l’efficacité électorale de cette stratégie peut varier selon les contextes, son impact symbolique est puissant. En transformant l’existence et les droits des personnes LGBTQIA+ en sujet de controverse politique, ces acteurs contribuent à légitimer leur remise en question dans l’espace public et à normaliser des attitudes de rejet7. Cependant, le climat de méfiance envers la communauté LGBTQIA+, alimentée par les discours politiques polarisants a contribué à l’adoption de législations restrictives. En 2022, la Floride a adopté la loi officiellement intitulée Parental Rights in Education Act et surnommée par ses opposants “Don’t Say Gay”. Cette loi limite les discussions en classe portant sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans les premières années de scolarité, et encadre plus strictement ces thématiques dans les niveaux supérieurs. Ses défenseurs invoquent le droit des parents et la protection des enfants, alors qu’on peut clairement voir qu’il s’agit d’une mesure qui stigmatise indirectement les élèves LGBTQIA+ et crée un climat d’autocensure dans les établissements scolaires.
Aux États-Unis, la politisation des questions liées au genre et à la sexualité a pris une tournure particulièrement visible en ligne. L’un des exemples les plus emblématiques est celui de “Libs of TikTok”, un compte créé en 2020 qui publie des extraits de contenus issus d’enseignant·es, de militant·es ou d’institutions perçues comme trop progressistes, souvent accompagnés de commentaires dénonçant une prétendue “endoctrination” des enfants. Le fonctionnement est simple mais efficace : isoler des séquences vidéo liées à l’éducation à la diversité, aux identités de genre ou aux discussions sur l’orientation sexuelle, les présenter comme choquantes ou menaçantes, puis les diffuser à grande échelle auprès d’un public déjà sensible à ces préoccupations. Plusieurs enquêtes journalistiques ont montré que certains établissements scolaires, bibliothèques ou hôpitaux ciblés par ces publications ont ensuite fait l’objet de campagnes de harcèlement ou de menaces. Cette stratégie repose sur un ressort classique des paniques morales : associer la protection de l’enfance à une mise en accusation des minorités sexuelles et de genre.
Ce mélange de discours politiques polarisés et de contenus numériques toxiques n’est pas sans conséquence sur les environnements sociaux des jeunes. Des enquêtes comme celle menée récemment en Flandre montrent que la tolérance envers les personnes LGBTQIA+ parmi les adolescents a connu une hausse mesurée de l’homophobie en l’espace de quelques années seulement. Entre 2018 et 2023, le score moyen mesuré sur une échelle d’homophobie est passé de 2,04 à 3,2 sur 10, et une proportion plus importante de jeunes s’est déclarée prête à tolérer de la violence verbale ou à remettre en question le mariage homosexuel — un signal qui rompt avec la dynamique positive observée lors des décennies précédentes8. Ce changement n’est pas uniforme, mais il est robuste à travers différents sous-groupes : garçons comme filles, croyants ou non, élèves de différentes filières… tous montrent une légère mais réelle tendance à moins d’acceptation qu’auparavant. Dans certains cas, près d’un jeune sur cinq a même répondu qu’il serait d’accord avec une agression verbale envers une personne homosexuelle, un résultat inquiétant qui souligne une plus grande perméabilité des jeunes aux idées homophobes.
Dans les écoles, cette dynamique se traduit par une visibilité accrue des propos insultants ou des attitudes de rejet. Malgré les efforts éducatifs et la présence de campagnes anti-harcèlement, de nombreux·ses enseignant·es et associations rapportent une augmentation de commentaires ouvertement homophobes parmi les élèves, signe que la lutte contre ces préjugés ne se limite plus aux sphères institutionnelles, mais doit aussi s’attaquer aux mécanismes culturels et numériques qui façonnent les représentations des jeunes.
Certaines enquêtes et rapports récents témoignent de l’ampleur et la diversité des expériences de discrimination vécues par les jeunes LGBTQIA+ aujourd’hui. Le Rapport sur les LGBTQIA+phobies 2025 publié par SOS Homophobie dresse un état des lieux détaillé des violences et discriminations en France en 2024, à partir de centaines de témoignages directs. Le document met notamment en évidence que près d’un tiers des victimes d’actes LGBTQIA+phobes avaient moins de 18 ans, et que ces violences se déroulent majoritairement dans les établissements scolaires – collèges, lycées ou universités – sous forme de rejet, d’insultes et de harcèlement liés à des stéréotypes de genre9. Une partie des discriminations et des discours haineux ont lieu au sein de la famille, où le·a jeune ne peut pas s’échapper. En lisant ce rapport, il est impossible de ne pas être touché·e par certains des témoignages et nous vous conseillons de le consulter.
À l’échelle européenne, une enquête relayée par Euranet Plus souligne que les jeunes LGBTQIA+ continuent de faire face à des formes de violence et de discrimination très marquées dans plusieurs pays de l’Union. D’après l’European Fundamental Rights Agency (FRA), une part importante des jeunes LGBTQIA+ interrogés déclarent avoir été victimes de harcèlement, de violences physiques ou sexuelles, ou encore de difficultés d’accès au logement, avec une vulnérabilité particulièrement forte chez les personnes transgenres et intersexes, ce qui illustre à la fois la persistance des préjugés et l’impact que ces discriminations peuvent avoir sur la vie et la sécurité des jeunes européen·es LGBTQIA+10 11.
Quelles conséquences?
Si la montée de la polarisation et des discours hostiles est préoccupante sur le plan sociétal, ses effets sont encore plus marqués à l’échelle individuelle. Les recherches en psychologie du développement et en santé mentale montrent de manière constante que l’exposition au rejet, au harcèlement ou à la stigmatisation a des conséquences directes sur le bien-être des jeunes LGBTQIA+.
La théorie du stress minoritaire, développée par le psychologue Ilan Meyer12, explique que les personnes appartenant à une minorité stigmatisée subissent un stress chronique supplémentaire lié à l’anticipation du rejet, aux expériences de discrimination et à l’intériorisation possible des préjugés sociaux. Ce stress cumulatif augmente significativement les risques de dépression, d’anxiété, d’idéation suicidaire et de décrochage scolaire. Les adolescents LGBTQIA+ présentent des taux plus élevés de détresse psychologique que leurs pairs hétérosexuels et cisgenres, en grande partie en raison du climat social dans lequel iels évoluent13. Lorsque les environnements scolaires deviennent plus permissifs vis-à-vis des insultes homophobes ou des moqueries liées au genre, le sentiment de sécurité diminue. Or, le sentiment d’appartenance à l’école est un facteur de protection majeur dans le développement adolescent. Plusieurs études montrent également que le simple fait de percevoir un environnement comme hostile – même sans avoir été directement victime d’agression – suffit à affecter l’estime de soi et la santé mentale14. À l’inverse, la présence d’enseignant·es soutenant·es, de politiques scolaires inclusives ou de groupes de parole LGBTQIA+ réduit significativement les risques psychosociaux.
Ainsi, l’enjeu ne se limite pas à une question d’opinion publique ou de débat idéologique. Lorsque les attitudes sociales se durcissent, même légèrement, ce sont des trajectoires individuelles qui peuvent être fragilisées. Une génération perçue comme moins tolérante que la précédente ne signifie pas seulement un recul symbolique : elle peut représenter, pour certains jeunes, un environnement quotidien plus incertain, plus exposé au rejet et à la solitude.
Que faire?
ll est urgent d’agir, et chacun·e a un rôle à jouer pour stopper la montée des LGBTQIA+phobies. Dans les écoles, il faut aller au-delà des simples programmes de sensibilisation : il faut aussi former les enseignant·es à détecter et combattre les LGBTQIA+phobies, sanctionner les comportements discriminatoires et créer des espaces où les jeunes se sentent pleinement en sécurité. Sur les réseaux sociaux, il est temps de mettre fin à l’impunité des contenus haineux : les algorithmes ne doivent plus pousser l’intolérance, et les plateformes doivent assumer leur responsabilité en sanctionnant les utilisateurices qui promeuvent la haine et la discrimination. Au niveau politique et institutionnel, il faut exiger des lois plus fortes contre la discrimination et l’incitation à la haine en ligne et dans la vie quotidienne, et soutenir les initiatives citoyennes qui donnent la parole aux jeunes LGBTQIA+, afin que leurs expériences soient prises en compte et que leurs droits soient protégés. Mais le changement commence aussi dans nos vies quotidiennes : ne pas se taire face aux insultes, soutenir celleux qui subissent, défendre la diversité autour de soi - chaque action compte pour construire une société où l’acceptation n’est plus un combat optionnel, mais un principe fondamental.
Ressources
Pixiels : https://pixiels.be/
Pixiels fédère des collectifs de jeunes LGBTQIA+ dans différentes villes en Belgique francophone. Ces pôles organisent des permanences d’accueil et des activités de sociabilisation, culturelles et créatives ou de sensibilisation.
Cercle Queer de Bruxelles (CHE) : https://www.instagram.com/cercle_queer_bxl/ ; https://www.facebook.com/CHE.Bruxelles/ Depuis 1982, iels rassemblent les jeunes LGBTQIA+ de Bruxelles autour de leurs activités ! C’est le pôle bruxellois de Pixiels et le cercle queer de l’ULB.
MACS : https://www.grandscarmes.org/fr/health
Maison Arc-en-Ciel de la Santé, première maison médicale orientée plus spécifiquement vers les personnes LGBTQIA+ en Belgique
Service social de Tels Quels : https://telsquels.be/service-social/
Permanences sociales avec ou sans rendez-vous
Refuge Arc-en-ciel : https://www.lrlo.be/
Maison d’accueil pour jeunes queers majeurs en situation d’exclusion, de rupture familiale ou d’exil en Belgique
Refuge Arc-en-ciel Charleroi : https://www.relogeas.be/le-refuge-arc-en-ciel-charleroi
Le Refuge Arc-en-Ciel est destiné aux jeunes de 18 à 25 ans appartenant à la communauté LGBTQIA+ en rupture familiale et/ou sociale, victimes de violence(s) et/ou expulsé.e.s du domicile familial en raison de leur orientation sexuelle et/ou leur identité ou expression de genre.
Services d’Aide à la Jeunesse : https://urls.fr/6fY24L
- Kravčenko, K., & Jarasiunaite-Fedosejeva, G. (2022). Generational attitudes towards homosexuality across Europe: Why individual and country-related factors matter? Global Journal of Sociology: Current Issues, 12(1), 12–30. https://doi.org/10.18844/gjs.v12i1.7354 ↩︎
- Pew Research Center. (2013). The global divide on homosexuality. https://www.pewresearch.org/global/2013/06/04/the-global-divide-on-homosexuality/ ↩︎
- Pew Research Center. (2020). The global divide on homosexuality persists. https://www.pewresearch.org/global/2020/06/25/global-divide-on-homosexuality-persists/ ↩︎
- Di Napoli, G., Garro, M., Piombo, M. A., & Novara, C. (2025). First- and Second-Generation Migrants: Attitudes Towards Homosexuality: The Role of Generation, Gender, and Religion. Behavioral Sciences, 15(9), 1190. https://doi.org/10.3390/bs15091190 ↩︎
- Lavie-Driver N and van der Linden S (2025) Social media, AI, and the rise of extremism during intergroup conflict. Front. Soc. Psychol. 3:1711791. doi: 10.3389/frsps.2025.1711791 ↩︎
- Regehr, K., Shaughnessy, N., & Association of School and College Leaders. (2024). Safer scrolling: How algorithms popularise and gamify online hate and misogyny for young people [Rapport]. University College London, University of Kent & ASCL ↩︎
- Ayoub, P. M., Page, D., & Whitt, S. (2025). Anti-LGBTIQ rhetoric and electoral outcomes under the shadow of war: Evidence from Poland’s 2023 parliamentary election. European Journal of Political Research. Advance online publication. https://doi.org/10.1111/1475-6765.70014 ↩︎
- Jeugdonderzoeksplatform. (2025). Facts & figures – De evolutie van homofobie bij jongeren tussen 2018 en 2023 [Rapport]. https://jeugdonderzoeksplatform.be/wp-content/uploads/2025/04/Facts-Figures_De-evolutie-van-homofobie-bij-jongeren-tussen-2018-en-2023.pdf ↩︎
- SOS Homophobie. (2025). Rapport sur les LGBTIphobies 2025. https://ressource.sos-homophobie.org/Rapports_annuels/rapport_LGBTIphobies_2025.pdf ↩︎
- Euranet Plus Inside. (2023). Young, European, gay and discriminated. https://euranetplus-inside.eu/young-european-gay-and-discriminated/ ↩︎
- European Union Agency for Fundamental Rights. (2020). A long way to go for LGBTI equality (LGBTI Survey II). Publications Office of the European Union. https://fra.europa.eu/en/publication/2020/eu-lgbti-survey-results ↩︎
- Meyer, I. H. (2003). Prejudice, social stress, and mental health in lesbian, gay, and bisexual populations: Conceptual issues and research evidence. Psychological Bulletin, 129(5), 674–697. https://doi.org/10.1037/0033-2909.129.5.674 ↩︎
- Russell, S. T., & Fish, J. N. (2016). Mental health in lesbian, gay, bisexual, and transgender (LGBT) youth. Annual Review of Clinical Psychology, 12, 465–487. https://doi.org/10.1146/annurev-clinpsy-021815-093153 ↩︎
- Poteat, V. P., Mereish, E. H., DiGiovanni, C. D., & Koenig, B. W. (2011). The effects of general and homophobic victimization on adolescents’ psychosocial and educational concerns: The importance of intersecting identities and parent support. Journal of Counseling Psychology, 58(4), 597–609. https://doi.org/10.1037/a0025095 ↩︎
